La surveillance des travailleurs exposés aux risques professionnels
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L’enquête SUMER 2016-2017 (Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels), menée par la Dares et les médecins du travail, apporte des données sur les expositions professionnelles en France. Elle permet de mieux identifier les populations les plus exposées et les secteurs prioritaires pour la prévention.
Une exposition aux cancérogènes encore fréquente
En 2017, près de 2,8 millions de personnes étaient exposées à au moins un produit chimique cancérogène au cours de leur dernière semaine de travail, soit environ 11 % des salariés.
Les produits les plus fréquemment rencontrés sont :
- les émissions de moteur diesel,
- les fumées de soudage,
- les huiles minérales entières,
- les poussières de bois,
- la silice cristalline.
L’enquête montre également que les multi-expositions restent fréquentes dans certains métiers, augmentant le risque de cancers professionnels.
Les salariés les plus exposés
Les ouvriers qualifiés restent les plus exposés : plus d’un tiers d’entre eux est concerné par une exposition à un produit cancérogène.
Les expositions aux cancérogènes concernent également les salariés des secteurs techniques et de maintenance, les travailleurs des très petites entreprises (TPE), les hommes ou encore les jeunes salariés.
Ces résultats soulignent l’importance :
- d’un repérage systématique des expositions professionnelles,
- d’une traçabilité des expositions tout au long de la vie professionnelle,
- d’une vigilance particulière pour les travailleurs peu suivis ou éloignés des dispositifs de prévention.
Les secteurs d’activité les plus concernés
Le secteur de la construction reste le plus exposé : plus d’un tiers des salariés sont exposés à au moins un produit cancérogène.
D’autres secteurs sont particulièrement concernés :
- la réparation automobile,
- les activités de maintenance,
- le travail des métaux,
- le travail du bois,
- les industries du plastique et du caoutchouc,
- certains secteurs industriels.
Ces activités cumulent souvent plusieurs facteurs de risque comme l’exposition à des agents chimiques, aux poussières, fumées, bruit ou encore à des contraintes physiques importantes.
Pour les professionnels de santé, la connaissance des métiers et des tâches reste essentielle pour identifier les expositions parfois insuffisamment déclarées par les salariés.
Des évolutions contrastées depuis vingt ans
Les résultats de l’enquête SUMER montrent une diminution globale de certaines contraintes physiques et de certaines expositions chimiques depuis les années 1990.
L’exposition aux cancérogènes reste élevée et certaines expositions stagnent depuis 2010. De plus, les équipements de protection collective ont peu progressé entre 2003 et 2017, selon cette enquête.
Les dispositifs de surveillance et de suivi des expositions professionnelles
La diminution du nombre de cancers d'origine professionnelle figure parmi les objectifs de la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030.
Afin d'améliorer la prise en charge des cancers professionnels, de nombreux dispositifs d'évaluation et de traçabilité des expositions en milieu professionnel ont été développés, comme les matrices emploi-expositions (programmes Matgéné, Matphyto, etc.), les bases de données des mesures d'exposition en milieu professionnel (Colchic, Evalutil, etc.) et les cohortes (Constances, Spirale, Esprit, etc). Le réseau RNV3P (Réseau National de Vigilance et de Prévention des Pathologies Professionnelles), qui regroupe les Centres de consultation de pathologies professionnelles, recueille les données concernant toutes ces pathologies, dont les cancers. Le rapport Lejeune, publié en 2008, rassemble des propositions d'action quant à la traçabilité des expositions professionnelles.
Les recommandations de bonnes pratiques
Différentes recommandations de bonnes pratiques ont été élaborées par la Haute Autorité de santé (HAS) à destination des professionnels de la santé au travail :
- des recommandations pour le dossier médical en médecine du travail visant à améliorer la qualité des informations permettant d'évaluer le lien entre l'état de santé du travailleur et le(s) poste(s) et conditions de travail actuelles et antérieures, en décembre 2009 ;
- les recommandations de la commission d'audition sur le suivi post-professionnel après exposition à l'amiante, diffusées en avril 2010.
La Société française de médecine du travail (SFMT) a également publié plusieurs recommandations concernant la surveillance médico-professionnelle des travailleurs exposés, ou ayant été exposés, à différents cancérogènes professionnels :
- les agents cancérogènes pulmonaires (novembre 2015, label HAS-INCa) ;
- le travail posté et/ou de nuit (mai 2012, label HAS) ;
- les agents cancérogènes pour la vessie (mars 2012, label HAS-INCa) ;
- les poussières de bois (février 2011, label HAS-INCa).
Par ailleurs, depuis 1995, une surveillance post-professionnelle peut être mise en œuvre pour les demandeurs d'emploi et les retraités ayant été exposés au cours de leur activité professionnelle à des substances reconnues comme cancérogènes par la réglementation française.
Documents à télécharger
Cancers professionnels - pourquoi et comment déclarer en maladie professionnelle (avril 2015)
PDF 301 kB
Fiche Repère "La prévention primaire des cancers en France"
PDF 360 kB
Fiche repère « Pesticides et risques de cancers, état des connaissances » (juillet 2014)
PDF 2 MB
Fiche-repère « Amiante et mésothéliome pleural malin » (janvier 2012)
PDF 1 MB
Fiche repère « Cancers et substances chimiques » (mars 2009)
PDF 1007 kB