Place du diagnostic prénatal, de l'interruption médicale de grossesse et du diagnostic préimplantatoire dans les formes héréditaires de cancers

L’Institut national du cancer publie un avis élaboré conjointement avec l’Agence de la Biomédecine et plusieurs experts issus d’agences et d’organismes spécialisés sur la recevabilité du diagnostic prénatal, de l’interruption médicale de grossesse et du diagnostic préimplantatoire dans le cadre des formes héréditaires de cancers. Cet avis vise à éclairer les pratiques professionnelles en France, dans le respect du cadre législatif et éthique en vigueur.

Un cadre de réflexion sur des situations cliniques complexes

Les avancées de l’oncogénétique ont conduit à l’identification de nombreuses altérations génétiques constitutionnelles associées à un risque accru de cancer.

Le recours au diagnostic prénatal ou au diagnostic préimplantatoire dans ce contexte soulève des questions spécifiques, distinctes de celles posées par les tests génétiques réalisés en période post-natale, dès lors qu’ils peuvent conduire à une interruption médicale de grossesse ou à l’absence de transfert embryonnaire.

Cet avis rappelle que le cadre législatif français n’autorise ces pratiques que lorsque l’enfant à naître est susceptible d’être atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable, appréciée au cas par cas. Un simple risque accru de développer un cancer ne constitue pas un critère suffisant de recevabilité en tant que tel.

Une évaluation individualisée par les équipes pluridisciplinaires

L’avis souligne la grande diversité des formes héréditaires de cancers en termes d’âge de survenue, de gravité, de possibilités de prévention ou de prise en charge, et d’impact sur la qualité de vie.

Certaines formes héréditaires de cancers de l’enfant ou de l’adulte jeune, associées à des atteintes sévères et à des options thérapeutiques limitées ou très invalidantes, ont déjà conduit à des recours au diagnostic prénatal, à l’interruption médicale de grossesse ou au diagnostic préimplantatoire dans le respect des dispositions en vigueur.

À l’inverse, les formes héréditaires de cancers à révélation tardive ne peuvent, le plus souvent, faire l’objet d’une attestation de gravité ouvrant droit à ces pratiques. Toutefois, des situations familiales particulières peuvent justifier une évaluation spécifique.

Dans tous les cas, l’analyse repose sur l’histoire médicale individuelle et familiale de la patiente ou du couple, menée par les centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal.

Information du couple et accompagnement de la décision

Lorsque le diagnostic prénatal et le diagnostic préimplantatoire sont tous deux légalement et médicalement réalisables, l’avis ne privilégie pas l’une ou l’autre de ces techniques. Le choix revient au couple, après une information complète et adaptée portant sur la maladie, les modalités techniques, les risques, les alternatives possibles et les incertitudes inhérentes à toute grossesse.

Télécharger l’avis complet : 

Diagnostic prénatal, interruption médicale de grossesse, diagnostic préimplantatoire et formes héréditaires de cancers

PDF 687 kB

Download (PDF - 687 kB)

Also read

Les prédispositions génétiques

Certaines formes de cancers sont liées à la présence d'une altération génétique constitutionnelle, c’est-à-dire présente dans toutes les cellules [...]

Oncogénétique et patients à très haut risque : des programmes interrégionaux pour un suivi adapté

Les personnes porteuses d'une altération d'un gène de prédisposition ou les personnes présentant un risque très élevé de cancer sans anomalie [...]

Organisation du dispositif national d’oncogénétique

Le diagnostic des prédispositions génétiques à certaines formes de cancers est mis en œuvre dans le cadre du dispositif national d’oncogénétique, [...]