Orientations pour la déclinaison régionale des priorités de la feuille de route nationale 2026-2030
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Les Agences régionales de santé (ARS) sont chargées de décliner, au sein de feuilles de route régionales de lutte contre les cancers 2026-2030, un socle commun de 22 actions associées aux priorités de la feuille de route nationale.
La déclinaison de ces actions reposera sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs régionaux impliquées dans la lutte contre les cancers.
Introduire la prévention des cancers dès la petite enfance (action 2.1) et renforcer la participation active des jeunes dans la prévention des cancers (action 2.2)
La prévention des cancers ciblera de façon prioritaire les enfants et les jeunes, afin de favoriser précocement l’adoption de comportements favorables à la santé, de limiter l’exposition aux facteurs de risque tout au long de la vie, et de réduire les inégalités de santé. Les actions menées dans les régions veilleront à favoriser la participation active des jeunes, en s’appuyant sur des approches participatives qui renforcent leur pouvoir d’agir et sur la prévention par les pairs, afin de faire des jeunes de véritables acteurs de leur santé. La prévention sera organisée dès la petite enfance, dans tous les milieux où grandissent les plus petits, les enfants et les jeunes. Elle s’appuiera sur une démarche collective et mobilisatrice des acteurs de la petite enfance et de la jeunesse : collectivités territoriales, services de PMI (protection maternelle et infantile), crèches, rectorats, acteurs de l’éducation populaire, etc. Ces démarches veilleront à inclure ou cibler de façon spécifique les jeunes les plus vulnérables.
Accompagner les fumeurs vers le sevrage et l’arrêt du tabac (action 3.2) et renforcer le repérage et la réduction des risques liés à l’alcool, notamment pour les publics les plus vulnérables (action 3.4)
Le tabac et l’alcool restent les deux principaux facteurs de risque évitables de cancer. Les ARS soutiendront les actions visant à proposer une aide au sevrage tabagique et à intégrer le repérage précoce et l’intervention brève dans les pratiques professionnelles. Elles seront aussi des acteurs clés pour la mise en œuvre du futur plan national contre les consommations nocives d'alcool. Les actions seront construites et portées dans une logique de réduction des inégalités sociales de santé, ces consommations étant fortement socialement différenciées.
Augmenter la couverture vaccinale contre les HPV (action 7.2) et améliorer l’accès et le recours au dépistage du cancer du col de l’utérus (action 7.3)
Le cancer du col de l’utérus est l’un des seuls dont l’élimination est envisageable, à condition de mettre en œuvre une stratégie mobilisant de façon intégrée tous les leviers disponibles : la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), le dépistage organisé des lésions et leur traitement. L’augmentation de la couverture vaccinale contre les HPV et de la participation au dépistage organisé du cancer du col de l’utérus constitueront une priorité pour les ARS. Elle pourra passer notamment par la mobilisation des professionnels de santé de premier recours, et la mise en place d’actions de sensibilisation et d’intervention ciblées auprès des populations éloignées du système de santé, dans une démarche d’aller-vers. Il s’agira aussi de coordonner la poursuite des campagnes de vaccination dans les établissements scolaires, et d’organiser le rattrapage vaccinal jusqu’à 26 ans, conformément à la recommandation de la Haute autorité de santé, par le déploiement de la vaccination dans des lieux tels que les campus universitaires, centres de formation professionnelle, etc.
Renforcer la prévention des risques liés aux rayonnements UV dès l’enfance (action 6.1) et structurer des parcours de détection précoce (action 6.2)
Les ARS veilleront à renforcer la prévention des risques liés aux rayonnements UV en mobilisant les différents leviers à leur disposition en matière d’information, sensibilisation et intervention. Elles pourront également associer les collectivités territoriales pour favoriser l’intégration de la thématique dans les politiques d’aménagement du territoire. Afin de cibler les publics plus vulnérables, en particulier les jeunes, des partenariats pourront être noués avec les acteurs de la jeunesse et du sport pour déployer des actions sur leurs lieux de vie, d’éducation et de loisirs.
Afin d’accompagner la structuration de parcours de détection précoce des cancers de la peau autour des professionnels de santé de premier recours, l’information et la formation de ces derniers en matière de repérage des lésions cutanées suspectes et d’orientation vers un avis spécialisé pourront être renforcées. Par ailleurs, des expérimentations pourront être soutenues pour fluidifier le parcours d’accès au diagnostic, notamment au travers de la téléexpertise, de la mobilisation de nouveaux professionnels ou encore de la mise en place de dispositifs mobiles dans les territoires les plus éloignés de l’offre de soins.
Favoriser l’accès et encourager le recours aux dépistages organisés des cancers (action 8.1)
Les ARS disposent de plusieurs leviers complémentaires pour favoriser l’accès aux dépistages organisés des cancers et en encourager le recours. Il pourra ainsi s’agir de mobiliser davantage les professionnels de santé et simplifier l’organisation de l’offre, en soutenant le déploiement de lieux de dépistage de proximité (centres mobiles, consultations avancées, partenariats avec les structures d’exercice coordonné et pluriprofessionnel…).
Les interventions ciblées dans les territoires ou auprès des populations plus éloignées du système de santé pourront aussi être renforcées, après une cartographie affinée et actualisée de la situation propre à chaque région. Elles s’appuieront par exemple sur des acteurs communautaires, des médiateurs ou des dispositifs « d’aller-vers ». L’information et la sensibilisation des publics sera à poursuivre. Ensemble, ces actions devront contribuer à réduire les obstacles informationnels, structurels et sociaux freinant la participation aux dépistages.
Garantir le bon déroulé du programme pilote de dépistage du cancer du poumon (action 8.2)
Les ARS assureront la coordination régionale du programme pilote de dépistage des cancers du poumon IMPULSION. Elles veilleront notamment à la bonne organisation de l’inclusion des patients et à la structuration des filières de radiologie et de pneumologie pour garantir la continuité du parcours. Les ARS soutiendront la formation des professionnels de santé, et assureront la communication auprès des professionnels de santé comme des usagers. Une attention particulière sera portée à l’intégration systématique de l’orientation vers le sevrage tabagique pour les participants.
Mettre en place des diagnostics accélérés en cas de suspicion de cancer (action 21.1), assurer un suivi de l’évolution des délais d’entrée dans les soins (action 21.4) et mettre les professionnels non spécialistes en capacité de détecter des signes d’alerte et d’orienter les patients (action 21.3)
Réduire les délais de diagnostic, accélérer l’entrée dans les soins et garantir des parcours fluides constituent des priorités pour éviter des retards risquant de compromettre le pronostic de la maladie. Des états des lieux des délais, à chaque étape du parcours, seront réalisés en régions pour plusieurs localisations de cancer, en particulier de mauvais pronostic.
Sur la base de ces analyses, et en s’appuyant sur les principes organisationnels proposés par l’Institut national du cancer, les ARS accompagneront les établissements hospitaliers, les structures libérales et les professionnels de santé dans la mise en place de filières accélérées. Des actions seront aussi menées en vue d’informer et de former les professionnels de santé non spécialistes aux signes ou symptômes d’alerte du cancer.
Repenser la coordination ville - hôpital (action 11.2)
Afin d’améliorer l’information et l’accompagnement des patients sous anticancéreux oraux, les ARS veilleront à renforcer la coordination entre les dispositifs de ville et hospitaliers, ainsi que la mobilisation, l’information et la formation des professionnels de santé en ville, en particulier des pharmaciens. Les ARS travailleront par ailleurs à la sécurisation du parcours en hôpital de jour, en s’appuyant sur le référentiel, publié par l’Institut national du cancer, sur la sécurisation médicamenteuse des patients traités par anticancéreux injectables en hôpital de jour.
Contribuer à assurer à tous les patients un accès aux soins oncologiques de support (actions 12.1 et 12.2)
Si les soins oncologiques de support (SOS) sont une composante intégrante de la prise en soin globale des cancers, l’offre demeure cependant hétérogène, avec des disparités importantes en termes d’accessibilité géographique, de lisibilité pour les patients et les professionnels, ainsi que de qualité et de coordination des interventions. Afin d’assurer à tous les patients un accès aux soins oncologiques de support essentiels du « panier », les ARS seront encouragées à mener une évaluation quantitative et qualitative de l’offre disponible sur chaque territoire.
L’effectivité de l’accès aux soins oncologiques de support appelle à structurer leur intégration à tous les temps du parcours patient. Les ARS veilleront à ce que la traçabilité des évaluations des besoins en soins oncologiques de support, réalisées en début puis tout au long du parcours, soit renforcée et davantage contrôlée. Afin de faciliter la coordination des soins oncologiques de support entre la ville et l’hôpital, le rôle des structures de coordination dans l’orientation et le suivi des patients, et la place des structures de soins coordonnées et des médecins traitants dans la mise en œuvre des parcours en ville, pourront être renforcés.
Porter une stratégie d’interopérabilité, de collecte et de croisement des différents sources données (action 24.2)
Dans le cadre de la création du registre national des cancers, il est indispensable de poursuivre la mise en place de documents de soins standardisés et interopérés, accessibles dans le dossier médical partagé. A cette fin, les ARS poursuivront les travaux pour faire évoluer les plateformes régionales qui hébergent le dossier communicant de cancérologie (DCC) afin d’améliorer le partage et l’exploitation des données relatives aux parcours des patients atteints de cancer. Les ARS pourront s’appuyer pour cela sur l’appui financier proposé dans le cadre des appels à candidatures de l’Institut national du cancer et l’agence du numérique en santé.
Consolider les dispositifs de soin dédiés aux adolescents et jeunes adultes (27.3)
Des actions seront menées pour améliorer l’accompagnement des adolescents et des jeunes adultes (AJA) dans les établissements de santé, en s’appuyant sur la charte de bonnes pratiques d’accueil des AJA élaborée par l’Institut national du cancer, et en lien avec la démarche de labellisation piloté régionalement. Les ARS travailleront, par ailleurs, à encourager la mise en réseau des équipes et des établissements accueillant des patients AJA pour favoriser l’échange de bonnes pratiques et pour optimiser l’accès à des services spécialisés adaptés.
Des travaux seront également conduits pour assurer un maillage adapté de l’offre de soins de support pour les AJA, et pour accompagner son organisation, en cohérence avec le référentiel organisationnel, à venir, des soins oncologiques de support pour les enfants et jeunes adultes.
Enfin, sous le pilotage des ARS, des travaux pourront être menés pour veiller à l’effectivité de la double expertise médicale adulte et pédiatrique lors des réunions de concertation pluridisciplinaire pour chaque patient AJA, conformément aux dispositions réglementaires.
Garantir l’accès à la prévention et au dépistage aux personnes en situation de handicap (action 28.1) et développer des parcours de soins adaptés (action 28.2)
Les ARS veilleront à garantir l’accès des personnes en situation de handicap aux actions de prévention des cancers. Elles pourront favoriser l’adaptation des dispositifs, tant sur le plan de l’accessibilité physique que de l’accompagnement des personnes. La mobilisation et la coordination des acteurs médico-sociaux, sociaux et sanitaires sera un levier essentiel. Les ARS pourront expérimenter des actions avec les établissements et services médico-sociaux afin d’améliorer le recours et l’accès des personnes en situation de handicap aux actions de prévention et de dépistage, notamment aux trois programmes de dépistage organisé.
Les ARS veilleront à assurer un accès équitable à des parcours de soins coordonnés et adaptés pour les personnes en situation de handicap. Elles s’attacheront à ce que, conformément à la loi n° 2021-502 du 26 avril 2021 visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification, un référent handicap soit nommé, identifié et visible dans chaque établissement autorisé en cancérologie. Des temps de formation et d’échanges de bonnes pratiques ou outils pourront être organisés. Les ARS pourront développer et évaluer des modèles organisationnels permettant de structurer des parcours coordonnés entre le médico-social, l’hôpital et les soins de ville, par exemple en mobilisant des dispositifs d’accompagnement.
Adapter la prévention et le dépistage aux spécificités des personnes âgées (action 29.1) et améliorer la qualité du parcours de soins du patient âgé (action 29.2)
Les ARS veilleront à ce que la stratégie régionale de prévention des cancers prenne pleinement en compte les besoins spécifiques et les vulnérabilités des personnes âgées, en intégrant des actions ciblées pour ce public.
La mobilisation des caisses de retraite et des acteurs du champ du grand âge, en premier lieu des conseils départementaux et des établissements et services médico-sociaux, constituera un levier essentiel. Des actions pourront être menées dans le but d’améliorer la qualité du parcours du soins, de santé et de vie des personnes âgées atteintes de cancer.